Le chargé de projet assure la coordination technique, administrative et partenariale du projet européen Alcotra « ACLIMACT » pour l’établissement public administratif du Parc national de la Vanoise (PNV). Il pilote la mise en œuvre des actions relevant du Parc national de la Vanoise, et contribue aux actions portées par les autres partenaires du programme, dans la perspective de renforcer l’adaptation et la résilience de certains milieux alpins face au changement climatique.
Nature du poste
Poste technique, relevant de la catégorie A de la fonction publique
Poste à temps plein
Contrat de projet, d’une durée de 2 ans environ (selon la convention ALCOTRA)
Date de prise de poste souhaitée : 04/01/2027
AFFECTATION, PRÉSENTATION DU SERVICE
Localisation : siège du Parc national de la Vanoise, 135 rue du Dr Julliand, 73000 Chambéry.
Service d’affectation : Pôle Connaissance et Gestion
Composition du service (effectif) : 1 chef de pôle et 9 chargés de mission.
Positionnement de l'agent dans l'organigramme du service : l’agent est placé sous l'autorité hiérarchique directe du chef de pôle, lui-même rattaché au directeur de l'établissement.
Résidence administrative : Chambéry.
Relations fonctionnelles
En interne : Le chargé de projet travaille étroitement avec les chargés de mission du pôle Connaissance et gestion, particulièrement avec le chargé de mission en charge de l’eau et des milieux naturels. Relations régulières avec les autres services du siège de l’établissement, le pôle valorisation et communication, et le secrétariat général.
En externe : La personne recrutée sera en contact privilégié avec les acteurs de l’eau de Vanoise (communes, communautés de communes et GEMAPIens, EPTB Isère, EDF Hydro Alpes, Conseil départemental de la Savoie, Direction départementale des territoires de la Savoie, Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse…), ainsi qu’avec les partenaires français et italiens du projet Aclimact.
description du poste
Contexte :
Le projet européen Alcotra ACLIMACT – Adaptation et résilience des milieux alpins face aux changements climatiques, piloté par le Parc national du Mercantour, rassemble six partenaires français et italiens :
le Parc national du Mercantour (PNM),
le Parc national des Écrins (PNE),
le Parc national de la Vanoise (PNV),
le Conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie (ASTERS),
les Aires Protégées des Alpi Cozie (APAC)
l’Institut Agricole Régional de la Vallée d’Aoste (IAR).
Les Aires Protégées des Alpi Marittime (APAC) sont également impliquées en tant que partenaire associé.
Dans les Alpes, le changement climatique est déjà visible. Les équilibres qui structuraient les territoires de montagne se transforment rapidement : enneigement qui recule, sources qui se tarissent plus tôt dans la saison, zones humides fragilisées, forêts marquées par les sécheresses et les parasites, tensions croissantes autour de la ressource en eau. Ces évolutions ne relèvent plus de projections théoriques ; elles modifient déjà le fonctionnement des milieux alpins et les conditions dans lesquelles les territoires doivent être gérés et habités.
Dans ces territoires où l’eau, la biodiversité et les activités humaines sont intimement liées, les Alpes deviennent un espace clé pour comprendre et anticiper les effets du changement climatique. Parce qu’elles se réchauffent plus vite que la moyenne mondiale et concentrent des milieux particulièrement sensibles, elles constituent à la fois un territoire d’observation précoce et un laboratoire d’expérimentation pour construire les réponses de demain. Face à des phénomènes qui évoluent vite, les territoires alpins doivent désormais apprendre à agir dans un contexte d’incertitude permanente.
ACLIMACT suit ainsi une logique simple mais exigeante : observer, comprendre, expérimenter, puis ajuster. Le projet construit ainsi une boucle d’apprentissage collective entre production de connaissances, retours d’expérience de terrain et adaptation progressive des pratiques de gestion.
Le projet commence par renforcer des suivis transfrontaliers sur plusieurs milieux sensibles : têtes de bassin versant, lacs d’altitude, forêts et sols alpins. Ces connaissances sont ensuite approfondies par des analyses ciblées sur des milieux encore insuffisamment documentés.
ACLIMACT prévoit également des expérimentations de terrain, pour tester des réponses concrètes face à des problématiques déjà visibles : tensions sur la ressource en eau, fragilité des zones humides, vulnérabilité des forêts de montagne ou dégradation localisée de certains milieux. Les enseignements tirés de ces expérimentations doivent permettre d’ajuster progressivement les pratiques et de renforcer la capacité d’adaptation des territoires alpins.
Mais ACLIMACT repose aussi sur une conviction forte : une connaissance qui reste confinée aux seuls experts, perd une grande partie de son utilité. Le projet accorde ainsi une place centrale à la transmission et à l’appropriation des résultats.
Journées scientifiques, échanges territoriaux, médiation de terrain, supports pédagogiques et webinaires bilingues visent à rendre les acquis accessibles et directement mobilisables par les gestionnaires, collectivités et acteurs locaux. Le Conseil scientifique des jeunes, pleinement intégré au projet, participe également aux échanges et apporte un regard intergénérationnel sur les trajectoires d’adaptation.
Le projet aboutira notamment à la production d’un catalogue transfrontalier opérationnel pour l’adaptation au changement climatique. Conçu comme un outil simple et directement mobilisable, il rassemblera des références communes, des retours d’expérience et des actions d’adaptation développées localement par les partenaires.
En renforçant les coopérations entre scientifiques, gestionnaires et acteurs de terrain des deux côtés de la frontière, ACLIMACT ambitionne enfin de structurer des réseaux durables capables de poursuivre l’apprentissage collectif au-delà du seul financement ALCOTRA.
Missions :
Le projet ACLIMACT est structuré en 4 groupes d’activités, ou workpackages (WP), sur lesquels le chargé de projet est amené à s’impliquer de la manière suivante :
WP1 – Gouvernance et gestion administrative du projet :
Participation aux instances de gouvernance du projet (comités de pilotage, comités techniques, réunions transfrontalières, conseil scientifique des jeunes) ;
Interface avec le chef de file (Parc national du Mercantour) et les partenaires français et italiens ;
Coordination du WP3, pour ce qui concerne les têtes de bassin versant et les zones humides ;
Élaboration des tableaux de bord techniques et financiers, et suivi de l'avancement des actions ;
Préparation des marchés publics et suivi des prestations ;
Suivi administratif et financier en lien avec la chargée d'ingénierie financière (rapportage, remontées de dépenses, indicateurs, livrables) ;
Identification et « recrutement » d’un membre du Conseil scientifique des jeunes du projet ACLIMACT, et appui au chef de file pour son accompagnement ;
Préparation des rapports d'activités.
WP2 – Communication
Le WP2 vise à informer, sensibiliser et former les publics et acteurs alpins aux enjeux de l’adaptation et de la résilience des milieux alpins, en s’appuyant sur des outils de médiation et de visualisation du changement climatique :
Pilotage, pour le compte du partenariat, du transfert aux acteurs de l’eau des outils de modélisation et de visualisation développés dans le projet « ACLIMO », en particulier ceux relatifs à l’évolution de la ressource en eau et des stocks de neige et de glace en tête de bassin versant.
Contribution aux 4 newsletters du projet ;
Pilotage des post sur les réseaux sociaux concernant les actions PNV du projet, en lien avec le service communication ;
Production de contenus pour différents supports (site Internet, vidéos, fiches techniques...) ;
Réponse aux sollicitations de la presse quotidienne régionale, en lien avec le service communication ;
Contribution à l’événement final de restitution.
WP3 – Réseaux, connaissances et expérimentations d'adaptation
Le WP3 vise à renforcer progressivement la capacité d’observation partagée des milieux alpins vulnérables au changement climatique, en se concentrant sur quatre compartiments particulièrement sensibles :
Les lacs d’altitude :
Contribution au renforcement de l’observatoire transfrontalier « Lacs Sentinelles » (harmonisation des indicateurs physico-chimiques, biologiques et climatiques, et mise en place d’une base de données commune, sous le pilotage d’Aster, en lien avec le chargé de mission scientifique et milieux naturels)
Les têtes de bassin versant et les zones humides :
Pilotage à l’échelle du partenariat ACLIMACT de la préfiguration d’une plateforme de suivi de la ressource en eau, regroupant a minima les modélisations neige et glace issues du projet ACLIMO (écriture du cahier des charges et identification du maître d’ouvrage) ;
Mise en œuvre pour le compte du partenariat, à l’échelle des Alpes franco-italiennes et pour la période 2015-2028, de la méthodologie développée par le CESBIO dans le cadre du projet ACLIMO pour estimer chaque mois les réserves d’eau sous forme de neige (prestation à piloter) ;
Instrumentation d’un cours d’eau du PNV, pour compléter le suivi hydrologique des têtes de bassin versant (prestation à piloter) ;
Modélisation d’au moins un bassin versant stratégique prenant en compte les usages de la ressource en eau (prestation de type Clim’Eau à piloter) ;
Autant que faire se peut, réalisation par le chargé de projet ACLIMACT d’inventaires de zones humides, prenant en compte leur état de conservation et leurs usages.
Les sols alpins :
Contribution à l’étude de faisabilité pour la structuration progressive d’un réseau « sols sentinelles », portée conjointement par l’IAR, Asters et le PNE ;
Contribution aux travaux sur les interactions entre pratiques pastorales et fonctionnement des sols dans un contexte de changement climatique, pilotés par l’IAR ;
Contribution aux travaux sur le transfert des nutriments, du carbone et de l’eau vers les zones humides et les milieux lacustres, pilotés par le PNM ;
Contribution aux réflexions sur le rôle des systèmes racinaires et des mycorhizes dans le fonctionnement des sols et dans l’accès des plantes à l’eau et aux éléments minéraux, notamment en situation de sécheresse, portées par le PNE et ASTERS ;
Pilotage d’éventuelles solutions opérationnelles permettant de réduire la dégradation des sols et de préserver la ressource en eau dans le PNV, notamment des équipements pastoraux réversibles liés à l’abreuvement, ou des adaptations des pratiques pastorales.
Les forêts alpines :
(Aucune action du PNV sur les forêts alpines, très peu représentées dans le cœur du parc).
WP4 – Structuration transfrontalière de références communes pour l’adaptation au changement climatique :
Le WP4 vise à organiser des journées scientifiques et techniques transfrontalières consacrées aux trajectoires d’adaptation des milieux alpins face au changement climatique, ainsi qu’à mettre en commun des références, des expériences et des solutions d’adaptation au changement climatique développées localement, pour nourrir les réflexions d’autres contextes alpins de l’espace ALCOTRA :
Contribution sur le contenu de ces journées transfrontalières, sous le pilotage du PNE ;
Contribution à la rédaction de fiches d’un classeur partagé sur l’adaptation au changement climatique, sous le pilotage du PNM :
dynamiques climatiques et vulnérabilités des milieux alpins ;
stratégies d’adaptation déjà mises en œuvre par les partenaires ;
actions concrètes susceptibles d’être transposées sur le territoire du partenariat.
Intérêt, difficultés, contraintes du poste
Intérêt du poste
Participation à un projet européen innovant, au cœur des enjeux d'adaptation des territoires alpins au changement climatique.
Travail en réseau avec des partenaires français et italiens (gestionnaires d'espaces protégés, chercheurs, acteurs territoriaux de la gestion de l’eau…).
Diversité des missions mêlant coordination de projet, animation de partenariats, expérimentation, communication, vulgarisation et terrain.
Difficultés et contraintes
Gestion simultanée de plusieurs actions, partenaires et échéances dans un calendrier contraint.
Déplacements réguliers, nécessitant parfois une disponibilité le soir ou sur plusieurs jours.
Réunions en visioconférence fréquentes avec les partenaires transfrontaliers, français et italiens.
Permis de conduire indispensable (permis B).
COMPÉTENCES REQUISES SUR LE POSTE
Savoirs (connaissances théoriques et pratiques)
Connaissances générales en biologie, écologie, zones humides et pastoralisme de montagne,
et/ou connaissances en hydrologie, modélisation et climatologie.
Culture scientifique et intérêt pour les enjeux environnementaux (biodiversité, ressource en eau, changement climatique…).
Notions de commande publique.
Maîtrise indispensable du français.
Pratique de l’italien appréciée.
Savoir-faire (technique et méthodologique)
Conduite et coordination de projets, idéalement dans un contexte européen.
Animation de réseaux et de démarches multi-acteurs (réunions, ateliers, concertation).
Capacités rédactionnelles et de synthèse (notes, rapports, comptes rendus, livrables).
Suivi administratif et budgétaire d'un projet (tableaux de bord, indicateurs, rapportage).
Organisation et animation d'événements, de journées techniques, de webinaires.
Maîtrise des outils de bureautique et de visioconférence.
Capacité à évoluer en milieu montagnard.
Savoir-être (attitudes et comportement attendu)
Autonomie, sens de l'organisation et rigueur.
Qualités relationnelles et aptitude au travail en équipe et en partenariat.
Capacité à convaincre et à entraîner les acteurs du territoire, notamment dans le domaine de l’eau
Esprit d'initiative, adaptabilité et réactivité.
Capacités d'analyse, de synthèse et de priorisation.
Capacités à la vulgarisation scientifique
Sens de l'intérêt général.
CALENDRIER
NB : Recrutement sous réserve que la candidature au projet ALCOTRA soit lauréate – information disponible à l’automne 2026
Date limite de candidature : mercredi 9 septembre 2026 à 23 h 59
Date retenue pour les entretiens : vendredi 18 septembre 2026, à Chambéry ou en visioconférence
Procédure de Recrutement
Les candidatures sont à déposer uniquement sur le formulaire OFB :
https://formulaires.ofb.fr/recrutement-charge-de-projet-alcotra-aclimact-1785854323
Renseignements concernant le poste :
Laurent Charnay, responsable du pôle connaissance et gestion : 06 24 68 29 10
Vincent Augé, chargé de mission scientifique et milieux naturels : 06 63 18 66 79
