Sur les adrets de Maurienne et de Tarentaise persistent encore des milieux herbacés, les pelouses sèches, réservoirs d'une biodiversité singulière. Les plantes, les animaux et les champignons qui vivent sur ces pelouses sèches sont adaptés aux stress hydriques et trophiques qui règnent sur ces milieux une grande partie de l'année.
Dès 2003, le Parc national de la Vanoise a réalisé une étude cartographique et descriptive très fine des pelouses sèches de Maurienne, qualifiées de sub-steppiques. Ce travail a été étendu en 2012 sur les pelouses sèches de Tarentaise. Soumises à l'artificialisation, à la concentration d'activités agricoles ou au contraire à l'abandon complet d'activités pastorales, ces pelouses sèches, situées au pied des versants bien exposés disparaissent progressivement.
Elles ne bénéficient pas de mesure de protection particulière en tant que milieu remarquable mais plusieurs espèces animales et végétales présentes sur ces pelouses sont protégées par la loi. L’adhésion à la charte du Parc par les deux seules communes des Belleville et Peisey-Nancroix, où les pelouses sèches sont peu présentes, a restreint les actions du Parc en faveur de ces milieux.
Restaurer et entretenir des pelouses sèches à Aussois
Le Parc national de la Vanoise continue néanmoins d’honorer ses engagements liés à une mesure compensatoire à Aussois. Consécutivement à la destruction d’individus de fétuque du Valais, une espèce végétale protégée, le Réseau de transport d'électricité (RTE), la commune d'Aussois et le Parc national se sont associés pour restaurer et entretenir des pelouses sèches vers les forts de l'Esseillon.
Depuis 2014, après les travaux de restauration, le Parc national assure annuellement la gestion courante du site, notamment l’arrachage manuel des repousses et des germinations de ligneux. En 2025, il a coordonné, en accord avec l’éleveur qui utilise le site, l’installation d’une clôture qui permet d’éviter le pâturage printanier très défavorable à la flore et aux invertébrés. Enfin, le Parc réalise, en interne, l’ensemble des suivis de la flore et de la faune et complète chaque année les inventaires naturalistes. Globalement, les objectifs visés par la mesure compensatoire, à savoir la restauration et la préservation d’une pelouse sèche sont réalisés. L’exclusion du pâturage printanier en 2025 est un facteur-clé pour la poursuite de la réussite de cette mesure compensatoire. L’engagement du Parc national s’arrêtera en 2029… La suite de la préservation de ces pelouses sèches reste à imaginer.