Glaciers sous surveillance
Monuments de la nature et emblèmes de la Vanoise, les glaciers témoignent avec force du changement climatique. Face aux enjeux en termes de risques naturels, de ressource en eau et d’évolution des paysages, le Parc national et ses partenaires sont à leur chevet.
Soutenir et valoriser la recherche scientifique sur les milieux glaciaires
Les glaciers représentent environ 10 % de la surface de la Vanoise. Situé dans le cœur du Parc national, Gébroulaz est l’un des cinq glaciers français suivis dans le cadre de l’observatoire mondial de recherche sur les glaciers et le climat (Glacioclim).
Au-delà de ce cas particulier, de nombreux programmes de recherche dédiés aux glaciers, au permafrost, aux marges proglaciaires et éboulis froids sont en cours (ROC VEG, PERMARISK).
Les soutiens apportés par l’établissement dépendent des besoins des chercheurs : conseils et délivrance de permis scientifiques, pose ou relevé de capteurs, mise à disposition de logements, portage de matériel à dos d’hommes ou de véhicules, soutien financier). Le Parc national s’est également impliqué dans plusieurs travaux de thèses universitaires.
Les études et recherches en cours
Synthèse des travaux scientifiques sur les milieux glaciaires présentés lors de la restitution organisée par le Parc, à Bessans, en décembre 2025
Le suivi au long cours du glacier de Gébroulaz
Situé dans la partie sud-ouest du cœur du Parc national de la Vanoise sur la commune des Allues, le glacier de Gébroulaz s'étend entre 2600 et 3500 mètres d’altitude, sur le flanc nord de l'aiguille de Polset. Anciennement privé, ce glacier appartient depuis 2004 à la commune des Allues.
Les fluctuations du glacier de Gébroulaz sont documentées depuis 1730. Le glacier est suivi scientifiquement depuis 1905 : d'abord par l'Administration des eaux et forêts ; puis à partir de 1990, par le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE), intégré en 2017 à l'Institut des géosciences de l’environnement (IGE), unité mixte de recherche (CNRS, IRD, UGA, Grenoble INP), partie prenante de l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble (OSUG).
Le suivi scientifique du glacier
L'IGE assure chaque année un suivi précis du glacier :
- réalisation des bilans de masses ;
- mesure des vitesses d'écoulement de surface ;
- mesure des épaisseurs et de la position des fronts via des techniques de photogrammétrie et de suivi de balises implantées régulièrement dans le glacier.
Ces données brutes sont accessibles sur le site de l'IGE. Le suivi du glacier de Gébroulaz inclus également depuis 2025 une modélisation de la trajectoire du glacier en fonction de différents scénarios climatiques ainsi qu’une cartographie de son socle (épaisseur de glace) comme cela a été fait pour le glacier de la Grande Motte, à la demande de la commune de Tignes.
Ce suivi conduit par l'IGE est assuré dans le cadre du projet intergouvernemental GLACIOCLIM, Les GLACIers, un Observatoire du CLIMat, qui est un observatoire de Recherche en Environnement de la thématique "océan-atmosphère" portant sur l'étude des glaciers et du climat. Le Parc national de la Vanoise soutient ce travail par une aide financière et logistique.
Les résultats
La diminution de la masse glaciaire de Gébroulaz au cours du XXe siècle est particulièrement importante au cours de deux périodes :
- au cours de la décennie de 1940 : La diminution de volume des années 40 est liée à la fois aux chaleurs estivales mais aussi aux faibles précipitations hivernales. La baisse de l'accumulation hivernale qui en a résulté a eu un très fort impact sur l'albedo du glacier et a donc accru la fonte estivale.
- durant ces deux dernières décennies : celles-ci sont marquées par des étés très chauds en moyenne qui sont responsables à eux seuls de la forte récession des glaciers. Cependant, on a pu observer une augmentation très sensible de volume du glacier de Gébroulaz entre 1954 et 1981, puisqu'il a regagné 5 mètres (+/- 1 mètre) d'eau au cours de cette période. Une étude globale sur les fluctuations glaciaires dans les Alpes en relation avec les changements climatiques a montré que ce gain de masse entre 1954 et 1981 est lié aux conditions estivales (plus froides), mais aussi, à partir de 1977, à une augmentation des précipitations hivernales.
Les glaciers, vecteurs de sensibilisation
Les milieux glaciaires sont des vecteurs importants de sensibilisation du grand public au changement climatique. En Vanoise, ils sont présentés sur plusieurs sites : sentier glaciologique de Gébroulaz, Espace Glacialis à Champagny-en-Vanoise.
Par ailleurs, l'Observatoire Photographique des Paysages de Vanoise (OPPV) présente en différentes reconductions photographiques l'évolution du glacier de Gébroulaz, à suivre ici : paysages.vanoise-parcnational.fr
L’épisode « Glacier sous surveillance » du podcast « Le souffle des cimes » produit par le Parc permet aussi d’en savoir plus sur le suivi du glacier de Gébroulaz : direction la montagne du Saut, “laboratoire à ciel ouvert” sur l’étude et le suivi de la biodiversité en lien avec les changements climatiques et plus particulièrement sur le glacier de Gébroulaz. Rencontre avec Delphine Six, glaciologue et son équipe qui s’apprêtent à chausser les crampons pour aller prendre le pouls du glacier.