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Réhabiliter et moderniser les refuges du Parc

Les refuges sont des destinations touristiques à part entière, des hébergements singuliers en cœur de parc où vivre des expériences dans la nature. Engagé dans une démarche globale de développement durable et de transition énergétique, l'établissement œuvre à une gestion écoresponsable de ses bâtiments : du maintien de la qualité de l’eau à la réduction de l’empreinte écologique.

Viser l’exemplarité environnementale du parc immobilier

Le Parc national de la Vanoise est propriétaire d’un patrimoine immobilier atypique et important (50 bâtiments, plus de 7000 m² au total) : 16 refuges de montagne, cabanes de surveillance, bureaux et maisons d’accueil du public, logements du personnel dans les vallées de Tarentaise et de Maurienne.

Depuis l’adoption en 2006 d’une charte environnementale des refuges, l’établissement s’est fixé des objectifs ambitieux qui concernent la maîtrise de l’énergie, l’alimentation en eau, l’assainissement et la gestion des déchets. Cela s’est traduit par une campagne de rénovation (démarches HQE, structures en bois), de mise aux normes (traitement des effluents) et de développement de techniques nouvelles (toilettes sèches, pile à combustible, mix énergétique solaire/bois, picocentrales). En matière d’énergie, il est prévu d’atteindre 100 % de sources renouvelables dans les refuges en site isolé.

Tous les bâtiments du personnel ont bénéficié de travaux d’isolation renforcée (laine de chanvre, menuiseries performantes), d’installations solaires thermiques et de chaudières à granulé bois. La mission technique définit les besoins, estime les investissements, rédige un budget prévisionnel (de 500 000 à 1,5 million d’euros par an) et établit un schéma pluriannuel de travaux révisé tous les cinq ans.

Les refuges, des lieux de vie et d’accueil plus chaleureux et fonctionnels

Pour répondre aux normes d’accueil des publics, les travaux de réhabilitation et de modernisation des refuges du Parc contribuent à améliorer durablement l’expérience de la montagne.

Au refuge de Prariond, les travaux réalisés de 2018 à 2020 ont abouti à l’aménagement de deux grandes terrasses qui permettent aux visiteurs de profiter pleinement des paysages. En 2023, les refuges de Plaisance et de La Martin ont été dotés de vestiaires et de sanitaires adaptés à l’accueil du public.

En 2025, les travaux d’extension du refuge de Turia permettent d’offrir des espaces conviviaux et fonctionnels. La surface de la salle commune est quadruplée, les espaces de couchage sont rendus plus spacieux, agencés en îlots, les sanitaires sont mieux dimensionnés, pour un refuge qui proposera 24 places contre une petite vingtaine précédemment. La surface du bâtiment augmente dans des proportions raisonnées, avec une volumétrie maîtrisée.

Un projet de réhabilitation intègre également la rénovation des logements privés, rendus plus fonctionnels ; c’est aussi la qualité de vie des gardiens et gardiennes qui est améliorée.

Des refuges autonomes en énergie

Au refuge du Plan du Lac, le choix d’un mix énergétique combine l’utilisation de panneaux solaires et d’une chaudière à granulés bois pour assurer les besoins en électricité, chauffage et eau chaude sanitaire. Le remplacement des équipements électroménagers et l’optimisation de leur usage a contribué à réduire par quatre la consommation électrique, passant de 122 à 28 kWh/jour.

Au refuge du Col du Palet, la pile à hydrogène a été privilégiée. Cette technique de stockage longue durée innovante permet d’emmagasiner l’électricité produite lors des intersaisons pour alimenter le refuge en haute saison.

L’ensembles des refuges sont alimentés électriquement par des installations photovoltaïques régulièrement mises à jour pour répondre aux besoins des usagers et des équipements des bâtiments. Trois d’entre eux sont équipés de turbines hydroélectriques permettant d’économiser le gaz destiné au chauffage de l’eau chaude sanitaire.

L’efficacité énergétique du refuge de Prariond a été améliorée, grâce à l’isolation de la toiture végétalisée et des parois avec des matériaux performants et biosourcés. La ressource en eau a été optimisée avec une amélioration des systèmes d’assainissement, de captage et de stockage de l’eau potable, mais aussi avec l’implantation de toilettes sèches, accessibles aux usagers hors période de gardiennage.

Pour le refuge de Turia, toute la production d’électricité est en énergie renouvelable, via des panneaux photovoltaïques, sans groupe électrogène associé. Le nouveau bâtiment a été réfléchi pour être plus économe en eau et les questions d'assainissement et de gestion des déchets ont aussi fait l'objet d'une attention particulière.

La mise en accessibilité des refuges situés en porte de Parc

Une attention particulière est portée sur la mise en accessibilité des refuges de Rosuel, de l’Orgère et de Plan du Lac, situés en porte de Parc. 

Ces trois refuges labellisés Tourisme et Handicap sont accessibles en fauteuil roulant. Ils sont équipés de chambres et de sanitaires réservés aux personnes en situation de handicap, d’outils d’interprétation de la faune, de la flore et des paysages en braille ou avec des équipements sonores, des places de stationnement réservées etc.

Toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite au refuge de Plan du Lac
Toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite au refuge de Plan du Lac | Florian Maurer - PNV

Les scénographies

Au refuge de Rosuel, comme aux refuges de Plan du Lac et de Plaisance, et dans la continuité de la réhabilitation du refuge de Prariond (inauguré en 2021), le Parc a réalisé des scénographies intérieures pédagogiques, originales et « sur mesure », révélant les singularités et les patrimoines propres au site d’implantation de chaque refuge.

L’objectif est de faire de ces refuges de hauts lieux d’immersion et de découverte de la montagne. Isolés, en altitude, ils sont des lieux privilégiés pour faire passer des messages de sensibilisation et d’éducation à l’environnement de façon ludique, esthétique et pertinente. Au-delà de simple lieu de restauration ou de couchage, les refuges permettent aux visiteurs de prendre le temps de découvrir la montagne, ses richesses et les enjeux auxquels elle fait face (érosion de la biodiversité, changement climatique, fonte des glaciers…).

Les scénographies sont aussi une manière d’offrir à chacun une ambiance et l’accueil chaleureux de la « haute montagne à visage humain » qui guide la stratégie touristique du Parc, en synergie avec sa stratégie de communication.

Une femme observe la scénographie dans la salle de restauration du refuge de Rosuel
Scénographie dans la salle de restauration du refuge de Rosuel | Florian Maurer - PNV

Un patrimoine bâti intégré dans son environnement naturel

L’ensemble des travaux sont réalisés en respectant les milieux et les paysages environnants, mais aussi en tenant compte de la dimension culturelle du bâti de Vanoise.

Les toitures traditionnelles en tavaillons ont été respectées lors de la restauration des refuges de la Valette, du Fond des Fours et de Plaisance, tous trois composés de plusieurs bâtiments en bois type chalet Chaloin. 

Le refuge de Plaisance, situé sur le site classé du vallon de Champagny-le-Haut, nécessitait de répondre à des exigences d’insertion paysagère lors des travaux d’extension. Ces mêmes exigences ont été prises en compte pour les travaux de réhabilitation du refuge de Prariond : les éléments structurels du bâtiment d’origine ont été conservés et valorisés par le recours au bois et à la pierre. Le choix architectural d’un refuge en gradins, avec deux terrasses et une toiture plate, permet d’intégrer le bâtiment au paysage et à la pente du site tout en garantissant son intégrité face aux aléas climatiques.

La mise en autonomie énergétique du refuge de Plan du Lac a permis, en 2020, le démantèlement de la ligne électrique d’Entre-deux-Eaux, point noir paysager situé en cœur de Parc et danger pour les gypaètes barbus qui nichent de nouveau sur le site.

Plus récemment, la réhabilitation du refuge de Turia a permis la création d’un nouveau bâtiment semi-enterré sur trois niveaux, inséré dans la pente, avec un choix de matériaux et de teintes formant un ensemble sobre, harmonieusement inscrit dans le site, en résonance avec l'imaginaire associé à la cabane d’altitude.

Chronologie des travaux menés sur les refuges du Parc depuis 2014

  • 2014 : Réhabilitation complète du refuge de l’Arpont (2 310 m d’altitude – Val Cenis)
  • 2015 - 2018 : Rénovation énergétique, réfection des toitures, installations de WC secs et mise aux normes de l’assainissement du refuge du Col du Palet (2 587m d’altitude – Peisey-Nancroix) 
  • 2017 - 2021 : Création de sanitaires, de WC secs, réfection/isolation des toitures et bardages extérieurs, rénovation de l’adduction d’eau et de la filière d’assainissement, modernisation de l’installation photovoltaïque du refuge de la Valette (2 590m d’altitude – Pralognan-la-Vanoise) 
  • 2018 – 2020 : Réhabilitation complète du refuge de Prariond (2 324m d’altitude – Val d’Isère)
  • 2019 : Autonomisation énergétique du refuge du Plan du Lac (2 385m d’altitude – Val Cenis)
  • 2022 – 2023 : Réhabilitation complète du refuge de Plaisance (2 160m d’altitude – Champagny-en-Vanoise) 
  • 2022 – 2023 : Réhabilitation du refuge de La Martin (2 157m d’altitude – Villaroger)
  • 2025 – 2026 : Réhabilitation complète du refuge de Turia (2 410 m d'altitude – Villaroger)