Aller au contenu principal
  • Information

    Notre nouveau site est en cours de finalisation. Quelques ajustements sont encore nécessaires. Merci de votre compréhension !

Le suivi de la flore par le Parc national de la Vanoise

Chardon bleu
Inflorescences de chardon bleu (Eryngium alpinum) | Thierry Faivre - PNV

La flore du Parc national de la Vanoise, dont on recense aujourd'hui près de 2330 espèces de plantes vasculaires, continue à être régulièrement l'objet de découvertes. Si nous pouvons prétendre aujourd'hui à une bonne connaissance globale de la flore de la Vanoise, lieu historique d'inventaire botanique, nous sommes loin d'en avoir une connaissance fine et exhaustive. 

L'agent de terrain, maillon essentiel de l'amélioration continue de la connaissance

Améliorer la connaissance sur la distribution et l'évolution des populations et assurer la protection d'espèces rares ou menacées, telles sont les missions essentielles des personnels du Parc en matière de flore. Principalement d'avril à septembre, les gardes-moniteurs inventorient la flore, que ce soit lors de tournées de terrain ou de journées de formation dédiées à la botanique. Munis chacun d'une tablette informatique, ils peuvent saisir directement sur le terrain leurs observations dans la base de données du Parc. 

Pour le Parc, il s'agit d'inventorier la flore de manière homogène prioritairement sur le cœur et l'aire d'adhésion, sur des mailles de 5x5 km (ou de 1x1 km pour les espèces patrimoniales). Le relevé consiste à noter la présence d'une espèce dans la maille sur la base d'une liste d'espèces déjà connues dans le Parc. Certaines plantes font l'objet d'une veille particulière : les espèces protégées comme la gagée de Bohême (Gagea bohemica) dont nous ne connaissons que quelques pieds en Vanoise et celles inscrites sur les listes rouges régionales et nationales des plantes menacées comme l'androsace septentrionale (Androsace septentrionalis). 

Les milieux de vie des plantes évoluant (interventions humaines, changement climatique...), les observations anciennes deviennent parfois obsolètes. Le Parc vise à actualiser systématiquement les données ayant plus de vingt ans, en particulier celles concernant les espèces pour lesquelles il détient une forte responsabilité comme la gentiane utriculeuse (Gentiana utriculosa) dont toutes les populations françaises sont localisées en Vanoise. 

La connaissance du patrimoine floristique des communes adhérentes à la charte du Parc, Peisey-Nancroix et Les Belleville, représente également un enjeu majeur. Elle doit permettre de mettre en valeur leur richesse naturelle respective. Une richesse qui constitue certes un argument touristique mais aussi un beau moyen pour sensibiliser les habitants à la protection du patrimoine de leur commune.

Partager la connaissance avec le plus grand nombre, une responsabilité et un défi !

La base de données du Parc centralise plus d'une trentaine d'années d'observations effectuées sur le terrain par les gardes-moniteurs ; elle permet d'avoir une vision assez complète du patrimoine floristique du territoire et de son état de conservation. 

Toutes ces données sont mises à la disposition, sur demande, des partenaires du Parc, communes et acteurs socio-professionnels. Cartographiées et fiables, elles peuvent utilement servir en amont des études liées aux projets d'aménagements. 

Les données sont également accessibles à tous sur le site Internet BiodiVanoise. L'ensemble de ces informations alimente aussi les observatoires départementaux et régionaux de la biodiversité et permet de prioriser les actions de conservation mises en œuvre dans le cadre du réseau Flore sentinelle auquel le Parc national de la Vanoise adhère.

Le réseau Flore sentinelle

Participer à un réseau alpin de suivi de plantes menacées de disparition 

Le parc national de la Vanoise est membre du réseau Flore sentinelle qui réunit tous les acteurs de la conservation de la flore dans l’arc alpin français. Plus de 25 organismes œuvrent à un suivi au long cours des espèces végétales patrimoniales et mettent en commun leurs données. Avec 4 452 espèces de plantes vasculaires (végétaux possédant des vaisseaux conducteurs de sève, tels que les plantes à fleurs, les conifères, les fougères) –, les Alpes constituent un refuge de la flore française. 

Les 7 départements alpins français abritent plus de 60 % de la flore alpine. Pour suivre l’évolution des populations des espèces les plus menacées, les membres du réseau Flore sentinelle se sont dotés de protocoles et d’outils communs qui facilitent les synthèses et les analyses à l’échelle alpine. À titre d’exemple, les populations de chardon bleu sont comptabilisées de la même manière tous les 5 ans d’un bout à l’autre des Alpes. 

En Vanoise, une quarantaine d’espèces font l’objet de ces suivis comme le trèfle des rochers ou la potentille multifide. La présence et l’absence de la plante étudiée sont systématiquement notées dans des mailles de 50 m x 50 m qui découpent un site où l’espèce a été repérée. Si une baisse significative est constatée (diminution du nombre de mailles de présence), un plan d’actions est mis en œuvre. Les combes à neige et les bas-marais arctico-alpins à laîche bicolore font également l’objet de suivis tous les 5 ans nécessitant le travail de près de 25 jours/agents pour chaque habitat naturel.