Le retour du gypaète barbu en Vanoise
Les premières observations de gypaètes en Vanoise ont été effectuées par les gardes- moniteurs dès 1989.
C'est en 2002 qu'ont eu lieu les deux premières reproductions réussies en Savoie depuis le début du 19ème siècle, l'une à Val d'Isère et l'autre à Termignon.
Actuellement 9 couples sont présents sur le territoire du Parc national de la Vanoise (11 en Savoie) sur les 30 couples que comptent les Alpes.
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76 gypaètes-barbus
sont nés et se sont envolés en Vanoise depuis 2002
Les actions du Parc pour préserver l’espèce
Le Parc national met en œuvre plusieurs actions de protection et de suivi.
Mise en place de zones de sensibilité majeur (ZSM) pour chaque aire de reproduction
Le gypaète barbu est très sensible au dérangement notamment pendant la période de reproduction de novembre à août. Afin d’éviter ces perturbations, des zones de sensibilité majeure (ZSM) ont été cartographiées autour des sites de reproduction. 18 ZSM sont activées en début de saison de reproduction (novembre). Elles incitent les visiteurs à éviter toutes activités au plus près de l’aire et toutes activités bruyantes dans un rayon plus vaste.
À partir de mars les ZSM dont les aires sont inoccupées, sont désactivées. Fin août, lorsque les derniers gypaètons sont partis du nid, toutes les ZSM sont désactivées. Les informations relatives à ces ZSM sont relayées régulièrement auprès des socio-professionnels du territoire. Des panneaux sur site indiquent ces ZSM et les consignes à suivre.
Équipement de balises GPS pour protéger l’espèce
Mieux connaître c’est aussi mieux protéger. Un programme d’équipement de balises sur de jeunes gypaètons au nid a débuté en Vanoise en 2019. Cette action n’est possible que grâce à l’expertise et le savoir faire technique des agents du Parc et notamment les spécialistes cordistes sans qui rien ne serait mis en œuvre.
Cartographier les déplacements du gypaète barbu
L’équipement des gypaètes barbus avec des balises GPS est un des outils phare utilisé dans le nouveau PNA (2026-2035) pour s’assurer la viabilité de l’espèce à l’échelle européenne. Ces dispositifs de télémétrie ne se contentent pas de localiser les oiseaux , ils permettent de cartographier avec grande précision les corridors de déplacement reliant les noyaux de populations des Alpes, des Pyrénées, du Massif central et de Corse.
En comprenant comment ces grands nécrophages utilisent les reliefs et les courants aériens, les scientifiques peuvent également identifier les Zones de Sensibilité Majeure (ZSM) et les domaines vitaux de chaque individus suivis.
Une sentinelle technologique face aux menaces humaines
Le suivi GPS constitue également un pilier de la surveillance sanitaire et de la lutte contre la mortalité directe. Pour cette espèce à reproduction lente et aux effectifs limités, la perte d'un seul adulte est un préjudice majeur pour la dynamique de population. La balise agit comme une alerte en temps réel : toute anomalie de mouvement permet une intervention rapide des réseaux de terrain pour secourir un oiseau blessé ou récupérer un cadavre en vue d'une autopsie.
Ces données sont cruciales pour diagnostiquer les causes de mortalité qu'il s'agisse de percussions avec des câbles aériens, du risque éolien croissant ou d'intoxications/ empoisonnements. Chaque signal reçu via les données satellites devient ainsi un levier d'action pour sécuriser les infrastructures et affiner les mesures de conservation adaptatives sur les dix prochaines années.