Aller au contenu principal
  • Information

    Notre nouveau site est en cours de finalisation. Quelques ajustements sont encore nécessaires. Merci de votre compréhension !

Dans l'intimité des marmottes

marmotte
Marmottes des Alpes devant le terrier | Aymeric MASSET - PNV

Le Laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE) de Lyon, en partenariat avec le Parc national de la Vanoise, étudie depuis maintenant 30 ans la marmotte des Alpes dans la Réserve naturelle nationale de la Grande Sassière.

Un programme de recherche de rang international sur le long terme

Une étude fondée sur un protocole rigoureux de capture-marquage-recapture, de mesures biométriques, de comptages et d’observations comportementales, permettant d’obtenir une série temporelle de données unique sur la dynamique démographique, la reproduction, la survie de cette espèce emblématique des Alpes.

Ce travail est au cœur de nombreuses publications scientifiques et constitue une référence pour la compréhension de l’écologie, de l’évolution et de la réponse des populations de marmottes face aux variations environnementales. Par ailleurs la Grande Sassière constitue un site de renommée internationale pour l’étude de la marmotte.

Le Parc national, gestionnaire de cette réserve naturelle nationale, accompagne le LBBE sur ce programme de recherche à travers un soutien financier mais aussi grâce aux animations de ses agents de terrain auprès des visiteurs.

Chaque année, l'équipe, composée en moyenne de six personnes, passe deux mois, de la mi-mai à la mi-juillet, à étudier ce rongeur des montagnes : capture-marquage-recapture, mesures biométrie, observations, anesthésie et prélèvements sont leur quotidien avant analyse des données.

suivi marmotte
Mesures biométrique d'une marmotte des Alpes | Florian MAURER - PNV

Quelques données depuis le début de l’étude

Captures de marmottes

À chaque saison, ce sont quelques centaines de marmottes qui sont capturées avec un taux de recapture assez élevé. Ces chiffres imposent aux agents du Laboratoire de biométrie et biologie évolutive un effort de capture important (présence, observations, concentration…).

Reproduction

La reproduction des marmottes affiche une grande stabilité depuis 2014 soit autour de 4 marmottons par portée. Depuis quelques années l’émergence des marmottons semblent arriver plus tard. La masse corporelle, variable fondamentale chez les mammifères, détermine en grande partie la taille atteinte à l’âge adulte, l’âge de première reproduction, la survie… Depuis quelques années, cette donnée est dans les 25 % les plus faibles. Il est à craindre que leur survie reste relativement faible et ne puisse donc contribuer à augmenter le taux d’accroissement de la population.

Survie des marmottons

Après une décroissance continue jusqu’au milieu des années 2000, la moyenne de survie à un an des marmottons est stable, autour de 50 %, avec des variations de très forte amplitude d’une année à l’autre. 

Taux d’accroissement

Depuis 1990, le taux d’accroissement de la marmotte est en légère décroissance à la Grande Sassière.
 

marmottons
Marmottons | Christophe GOTTI - PNV

En conclusion

Plus largement les statistiques tenues depuis les années 1990 révèlent non seulement des portées moins nombreuses et des chances de survie des nouveau-nés en baisse. 

Cela s’explique, en partie, par une couverture neigeuse moins épaisse. L’isolation du terrier est moins efficace. Ces résultats sont imputables aux changements climatiques, la montagne s’est réchauffée deux fois plus vite que le reste du globe ces dernières années, avec des températures annuelles moyennes d’environ 2°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Cela n'augure rien de bon pour un animal adapté au froid. « La santé des marmottes représente la santé des Alpes », affirme Christophe Bonenfant, qui dirige le projet de recherche depuis 2019. Si les marmottes se portent mal, les Alpes ne se portent pas bien non plus, à l’image de l’évolution des glaciers. Il faut tout mettre en œuvre, chacun à son niveau, pour minimiser le changement climatique.
 

Marmotte
Mylène HERRMANN - PNV