Cette année encore, le LBBE a mené une campagne d’étude dans la réserve de la Grande Sassière en fin de printemps.
Quels sont les résultats de cette campagne ?
Capture
Les captures se sont déroulées de mi-mai à mi-juillet. 463 individus ont été capturés à l’aide de cage piège dont 205 marmottes différentes (une marmotte a même été capturée 17 fois !). À partir de la mi-juin, ce sont surtout des marmottons qui sont capturés. L’effort de capture des marmottes par l’équipe du LBBE est toujours élevé, et se trouve parmi les plus élevés de ces dernières années. Le taux moyen de recapture des marmottes est supérieur à 90%.
Reproduction
Avec une date d’émergence moyenne le 30 juin, allant du 21 juin au 13 juillet, les émergences sont relativement tardives. La tendance pour les marmottons à émerger plus tôt semble marquer le pas depuis 3 ou 4 ans et recule sensiblement. La reproduction des marmottes affiche une grande stabilité depuis 2014, autour de 4, avec une moyenne pour cette année de 4 marmottons. La plus grande taille de la portée étant de 5 de 2025, nous restons toujours relativement éloignés du maximum biologique de 8 marmottons.
Structure d’âge
Parmi les individus capturés, à peine la moitié étaient des mâles, nous observons cette année un biais de sexe-ratio moins marqué qu’habituellement pour une population de marmottes alpines. Nous avons capturé presque 40% de marmottons et environ 11% âgés d’un an. L’individu le plus âgé avait 13 ans.
Masse corporelle
La masse corporelle est une variable biologique fondamentale chez les mammifères puisqu’elle détermine en grande partie la masse atteinte une fois à l’âge adulte, mais également de nombreux traits d’histoire de vie tels que l’âge de première reproduction, la survie ou encore le succès reproducteur des individus. En 2025, la masse corporelle moyenne d’un marmotton était d’environ 388g, soit une valeur similaire à 2022 qui était l’une des plus élevées sur la dernière décennie. Malgré une masse corporelle moyenne plus faible qu’en 2022, il se dessine une tendance à l’amélioration dans la qualité phénotypique des jeunes produits depuis 2020. Il semble donc que les conditions environnementales du printemps 2025 aient été plutôt favorables aux marmottes de la Grande Sassière. Nous devrions nous attendre à une survie des marmottons plus élevée que la moyenne pour les individus de 2025. Réponse en 2026 !
Survie annuelle des marmottons
Avec un taux de survie de 27%, le millésime 2024 est le plus mauvais enregistré depuis le début du suivi. Après une décroissance continue jusqu’au milieu des années 2000, la moyenne de survie à un an des marmottons est stable, autour de 50%, avec des variations de très forte amplitude d’une année à l’autre.
Taux d’accroissement
Depuis 1990, le taux d’accroissement de la marmotte est en légère décroissance à la Grande Sassière.
* Phénotype désigne l’ensemble des caractéristiques observables d’un organisme, résultant de l’expression de son patrimoine génétique (génotype) en interaction avec l’environnement. Ces caractéristiques peuvent être morphologiques (forme, couleur), physiologiques (fonctionnement des organes), biochimiques, comportementales…
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